Mis en ligne sur sur la toile: Eric DELBECQUE – Intelligence économique et souveraineté

Voici un écrit trouvé sur internet et sa synthèse.

La politique publique d’Intelligence Economique (IE) en France évolue légèrement … en dépit des avertissements et les actions réalisées autour de la discipline : pourtant les façons d’agir ne changent pas beaucoup au-delà du niveau tactique. Dans le dictionnaire conceptuel et historique de l’IE, de la lettre A à la lettre Z, il manque les termes essentiels de la lettre S : souveraineté ainsi que stratégie. Ce sont donc les buts finaux dont on a besoin : la raison pour laquelle nous devons pratiquer l’intelligence économique n’est pas présente. Nul tribunal de l’opinion n’écarte l’IE au motif qu’elle serait assimilée à de l’espionnage (ce qui est naturellement faux : elle s’exerce dans un cadre autorisé). C’est contrairement à ce que l’on pense un symbolique tribunal administratif et politique de la très haute fonction publique et des acteurs politiques qui a souvent débouté les vues stratégiques et a relégué l’intelligence économique à des discussions d’experts dont la portée, on peut le dire, reste très non-conformiste.

Ces gouvernants s’inscrivent dans un horizon de court terme et des cadres pratiques (spécifiquement celui monté par la Commission européenne et par les adeptes extrémistes du capitalisme financier le plus ferme) qui ont évacué les buts à vingt ou cinquante ans et diminué les exigences de souveraineté et d’accroissement de puissance économique sur notre continent. Ceci ne se limite pas à leurs certitudes individuelles, étant donné qu’ils s’intègrent de ce fait dans un maillage structurel : les discréditer est inutile.

Notre nation (et si on dépasse nos frontières l’Union européenne) se désintéresse du volet économique de l’exigence de souveraineté.

Il ne s’agit pas de prétendre que les instruments de cette dernière ne se sont pas transformés sur les 30 ans qui se sont écoulés, mais de ne pas mettre de coté « le désir » de liberté que devrait logiquement suivre un pays. Cette dernière appartient au projet démocratique. De plus les citoyens d’une nation souhaitent décider de la manière dont ils seront dirigés, la collectivité nationale doit avoir les moyens de ne pas voir son destin lui être soumis par d’autres (confer Patriotisme économique : un social libéralisme ? EricDelbecque, éditions Uppr).

Ce qui veut dire qu’il faut spécifier une stratégie d’influence normative et d’élaborer une politique industrielle. Ce qui ne veut pas dire tout parier sur des cadors nationaux qui seraient uniquement des groupes du CAC 40. Il s’agit simplement de mettre en valeur nos PME (Petites et Moyennes Entreprises) et d’aider l’émergence de l’économie de demain, particulièrement dans la partie du numérique. Franchement, la French Tech est une idée à exploiter et à développer. Nous voici au cœur d’une démarche d’intelligence économique agressive et judicieuse. Cette dernière ne doit pas se résumer, comme ce fut le cas les années passées, à une amélioration de nos systèmes de protection des entreprises (certes nécessaire mais certes pas satisfaisante).

L’intelligence économique devrait être davantage considérée pour ce qu’elle représente : un mode inédit de gouvernance des organisations et un axe pour développer l’Etat stratège, et non une boîte à outils.